
Paysages de la transition dans les parcs métropolitains toulousains
Faire métropole par le parc : comment réintégrer l’urbain à son territoire, sa géographie, ses
paysages ? Les ‘paysages de la transition’ dans les parcs métropolitains toulousains.
Résumé du projet
Le stage envisage le parc public métropolitain comme point d’articulation des questions urbaines, écologiques et agricoles et comme espace générateur de principes pour la transition. Pour étudier ces espaces lisières entre ville,
nature et agriculture, le concept de paysage est mobilisé en tant qu’entité spatiale facilitant le dialogue et en tant que nouvelle forme de projet urbain ouverte au vivant, aux processus et à l’interdisciplinarité. Le stage permettra,
par le relevé, l’entretien et la représentation graphique, de saisir les formes spatiales et les imaginaires associés de la transition à l’œuvre dans les parcs métropolitains.
Description et problématique
Ce sujet de stage se positionne dans la perspective de l’appel du Défi Clé O3T, « Observation de la Terre et Territoires en Transition ». Il s’inscrit dans la thématique des recherches interdisciplinaires sur le rôle que peuvent jouer les espaces ouverts de nature dans les transitions métropolitaines. Force est de constater que la densification urbaine, les pollutions et le réchauffement climatique portent en germe les risques d’un inconfort métropolitain à venir très inégalement vécu et ressenti. Un collectif de chercheurs et enseignants-chercheurs s’est constituée pour explorer de quelle manière l’espace ouvert végétalisé en milieu urbain peut apporter des réponses réparatrices. Ce stage s’appuie sur deux hypothèses complémentaires : le parc public, comme entité spatiale et espace ouvert dans la ville (Banzo, 2015) est un élément facilitateur de dialogue entre acteurs métropolitains et habitants et un point d’articulation des questions urbaines, écologiques et agricoles dans la fabrique de la métropole. De ce fait, il permet d’initier une transition métropolitaine, notamment en permettant d’explorer une nouvelle manière de concevoir et de gérer les espaces métropolitains d’articulation, ou ‘communs’ (Ostrom, 2010). Deuxièmement, le paysage, comme notion d’ouverture de l’urbain à sa teneur écologique (Buyck, 2025), et comme pratique ouverte de la fabrique de la ville, entre traversée des échelles, temps long et urbanisme de révélation (Delbaere, 2021 ; Fromonot, 2021) permet d’envisager une nouvelle forme de projet urbain pour ‘faire métropole par le parc’ à travers un équilibrage des ambitions politiques métropolitaines.
En 2019, la métropole toulousaine publie le plan urbain toulousain définissant cinq grands systèmes de parc, aussi appelés Grand Parcs, comme support pour la transition urbaine et affirmation d’une ambition en faveur de la nature. Ces trames d’espaces ouverts visent à accueillir de grandes liaisons de modes actifs, offrir une capacité de rafraichissement et à participer à la préservation de la biodiversité. Le stage permet d’explorer la qualité de cette figure urbaine du parc comme génératrice de principes pertinents pour la transition métropolitaine en tant qu’espace ouvert de nature, espace de loisir et espace agricole. En envisageant de ‘Faire métropole par le parc’, nous souhaitons questionner comment réintégrer l’urbain à son territoire, sa géographie et ses paysages. Nous nous intéressons à la fonction d’irrigation climatique, aux mobilités actives dans les parcs, à leur dimension ‘hospitalière’ pour le vivant, humain et non-humain, à travers la provision d’espaces publics ouverts pour tous et d’espaces ménagés, réserves de biodiversité. Le questionnement envisage aussi un nouveau rapport aux sols, notamment productifs et agricoles. Pour envisager cet espace de négociation, le paysage initie une ‘ouverture’, dans la fabrique de la ville et des territoires. Il implique une pratique de conception, une nouvelle forme de projet urbain plus ouvert aux milieux et aux dynamiques du vivant, aux processus plutôt qu’à un objectif fini, et au dialogue avec les autres disciplines. Le travail de stage se positionne dans une perspective de fabriquer d’autres référentiels opérationnels de pratiques, de faire évoluer les outils de la fabrique de la ville. Les ‘paysages de la transition’ dans les parcs métropolitains toulousains sont entendus comme des espaces de négociations, de frottements, ou de ‘lisière’, tant du point de vue des formes, que des temporalités et des usages. La dimension sensible, entre perceptions, représentations et imaginaires, joue un rôle central dans la transition métropolitaine. Le travail de stage se positionne dans une perspective de fabriquer d’autres référentiels opérationnels de pratiques, de faire évoluer les outils de la fabrique de la ville. Le stage aura pour objectif d’étudier et de représenter cet espace paysage de transition et ses imaginaires associés.
Objectifs
Le stage se positionne dans deux axes du défi O3T, entre les axes Milieux Urbanisés et Plaine/milieux ruraux, puisque les sites explorés sont en milieu métropolitain dense mais aussi en frange, en questionnant le rapport aux territoires, notamment agricoles. En prenant pour base des plans et données déjà récoltées par l’équipe, le stagiaire travaillera sur l’hypothèse spatiale de la contribution de la figure du parc à la construction d’un rapport hybride entre ville-vivant-agriculture et qui poserait les conditions pour la transition métropolitaine.
Les objectifs du stage sont :
- Développer des cartographies autour de systèmes de parcs toulousains
- Repérer des situations spatiales de négociation / de lisière entre ville, nature et agriculture afin d’en réaliser des représentations sensibles (coupes, croquis) et d’en étudier les réalités spatiales et sociales
- Travailler à la représentation d’imaginaires paysagers de la transition métropolitaine dans les parcs, par l’entretien, l’immersion et le dessin pour l’observation des formes et des usages dans le parc.
Méthodes
Le stage alternera entre phase de relevés, d’entretiens et de représentations graphiques sensibles.
– S’appuyer sur des données mises à disposition et contribuer à développer des cartographies sur un site d’étude grâce à des phases de terrain.
– Illustrer divers aspects étudiés sur les situations de négociations spatiales : la question de l’eau (inondabilité), connections et lisières entre ville et parc, épaisseur des franges urbaines, espaces de préservation du vivant, formes végétales biodiversité fonctionnalité, différents degrés de ménagement pour différents usages.
– proposer des représentations sensibles sur les imaginaires paysagers sous forme de vues aériennes, croquis, coupes, démontrant la capacité interrelationnelle du parc comme espace ouvert de négociation.
Le stage prend la suite d’un travail cartographique de mise en ordre des données existantes (études urbaines et paysagères, Plan Guide, PLUiH, Géoportail, IGN etc…) sur deux cas d’étude sous la forme de cartographies synthétiques croisées : nature-ville, ville-agriculture, agriculture-nature.
Partenariat / retombées attendues de l’étude pour le Défi Clé
La personne en stage sera accueillie au Laboratoire de Recherche en Architecture de Toulouse. Ce stage s’inscrit dans le programme de recherche POPSU Transitions Toulouse « Le confort métropolitain : pivot des transitions en territoire toulousain ? » dirigé par Lionel Rouge (LISST). Il participera aux travaux de l’Axe 4 Faire la métropole par les systèmes de parcs : comment réintégrer l’urbain à sa géographie ? » dirigé par Anaïs Leger-Smith, paysagiste, (LRA) et qui assistera la direction de stage, avec Jacques Torres, architecte-urbaniste (LRA). Le stage entre dans le cadre des attendus du Défi Clé Région Occitanie Observation de la Terre et Territoires en Transition. Le programme de recherche se développe en partenariat avec des acteurs non académiques du territoire occitan comme Toulouse Métropole et l’Agence d’Urbanisme, mais aussi les communes et élus des territoires, notamment à travers des ateliers d’acteurs, et permet ainsi d’envisager une co-construction de données à visée opérationnelle et avec les territoires et un travail collaboratif entre chercheurs et acteurs locaux.
Stagiaire
Zoi-Maria Fourlano
Groupe de travail
Milieux urbanisés
Labos / organismes
LRA
Collaboration / partenariats
Toulouse Métropole
Agence d’Urbanisme
Communes et élus des territoires
Encadrants
Anaïs LEGER-SMITH
Jacques TORRES
Tutelle gestionnaire
ENSAT
Dates stages
01/03/2026 au 31/08/2026
Formation
Master ENSA Toulouse
